itinéraire

Le temps passe.

On fait des spectacles, on voit des spectacles, on fait d'autres choses. On lit des textes, on divague, on se promène, on ne fait rien, on écrit un mémoire de recherches intitulé    « Présences spectrales dans Hamlet Machine de Heiner Müller dans la mise en scène de Bob Wilson. ». On trouve décidément que ce titre est affreux. Sur la scène et aux abords on expérimente : les mélodies possibles de l'espace, le mouvement des rythmes... Cherchant un engagement d'acteur qui soit physique, intime et musical, on se demande comment dire et depuis où ? Au présent vivant et sans raison avec ça.

Cheminer dans ces questions.

Impulser des manières de phrasés et croire que toutes les histoires sont des fantômes.

Se dire qu'exister, c’est exister dans l’espace d’une relation. Provoquer des liaisons sans histoire.

Anecdote : quand j'étais petite, je m'enregistrais sur un magnétophone disant « eh maman, ça parle ou ça parle pas ? », puis j'écoutais ma propre voix disant « eh... ça parle ou ça parle pas ? ». À croire que quelque part il y a une issue.

écho Claudel : il ne faut pas comprendre mon bon monsieur, il faut perdre connaissance.

Le temps passe.

On imagine dur comme fer qu'un lieu possible est possible. On pourrait d'ailleurs écrire un texte dont le titre serait « Politique des lieux / Poétique du plateau ». Ou l'inverse. En attendant, on continue d'aimer la peinture.

 

R0037419

Laurence Riout, metteuse en scène 

Née en 1976, formée au métier de comédienne par la 3BC compagnie entre 1995 et 1998, Laurence Riout co- dirige depuis 2001 avec Didier Roux le théâtre Le Hangar à Toulouse, un espace d’expérimentation, de fabriques et de recherches.

Son travail articule jeu, mises en scène, interventions pédagogiques et invention d’une vie pour le lieu.

En 2004, elle rencontre le travail de Delphine Eliet (fondatrice de l’École du Jeu à Paris). Passionnée par ce travail qui pose le corps de l’acteur au centre de toutes les recherches, elle participe à de nombreux stages sous sa direction avant d’intervenir au sein de son école.

Elle valide en 2013, avec la mention très bien, un Master 2 en Art du spectacle, spécialité dramaturgie et mise en scène, au Centre d’Études Théâtrales de Louvain-la-Neuve en Belgique (lieu de publication de la revue Études Théâtrales).

Ces dernières années, elle est à l’origine de Histoire(s) d’Art (5 éditions), suite de lectures et projections autour des arts plastiques, manifestation annuelle conçue pour le festival Des théâtres près de chez vous à Toulouse. Elle joue au sein de Les Parleurs, quintet poématique proposant des récitals de poésie sonore. Elle joue aussi sous la direction de Didier Roux dans des spectacles d’improvisation libre (Perdre connaissance, 2016) et des performances pour la rue (Traverse, 2016).

Depuis 2011, elle co-organise Les Bruissonnantes, festival de poésie et performances organisé dans le cadre du Printemps des Poètes au théâtre Le Hangar. En 2010 et 2011, elle initie Confactions, cycle de conférences et conférences-performances. Entre 2009 et 2011, elle co-organise Les Perforeilles, festival d’écritures contemporaines mises en voix et en mouvement par leurs auteurs au théâtre Le Hangar.

Ces dernières années, elle met en scène Pas une lumière ne me consola, autoportrait en couple, impromptu scénique composé à partir des poèmes du Chant de la terre (symphonie de Gustav Malher), Souvenir d’une bataille de chars, avec les textes Matériau-Médée et Paysage avec Argonautes de Heiner Müller, propose des essais scéniques : Fantaisie pour 12 acteurs, paroles et musique, Variations Claudel, Arosasa pour 14 acteurs, Le nez de Christophe Tarkos, poème Partition « B » de Bernard Heidsieck.

En parallèle, elle réalise des travaux dramaturgiques : « L’enjeu de la parole », conférence sur la pièce de Koltès Dans la solitude des champs de coton donnée à Mix'art Myrys, à Toulouse en 2017, ou encore « Arpenter l’Uncanny Valley », recherche de textes effectuée pour la conférence-exposition de l’artiste plasticien Arno Fabre au festival de marionnettes de Mirepoix, MIMA 2012. En 2011, elle a publié deux articles dans le journal culturel bruxellois Le Répondeur : « La question de l’en commun au théâtre du Radeau » et « Qu’est ce que le post dramatique ? ».

Pédagogiquement, elle codirige la formation professionnelle « Présences d’acteurs » proposée par le théâtre Le Hangar. Chaque été, elle propose des stages laboratoires pour comédiens d’une semaine à temps plein. En 2012, elle dirige un stage de 5 jours à l’université Toulouse Le Mirail, destiné aux étudiants en Art du spectacle. Entre 2005 et 2007, elle intervient deux jours par mois à l’École du Jeu dirigé par Delphine Eliet à Paris. Ponctuellement, elle intervient en lycées et collèges. Avec ses élèves, elle travaille à partir d’Eschyle, Brecht, Büchner, Strindberg, Pennequin, Fosse, Llamas, Maeterlink, Beckett, Tarkos, La Bible...

Le théâtre qu’elle défend est un espace privilégié de possibles, de tentatives et expériences. La scène est poème, un paysages de mots et de visions. Nourrie par le champ chorégraphique, la performance et la poésie sonore, elle met au centre de son travail la musicalité des corps et du dire.