Le nez de Tarkos

chantier d'expériences / 2015

 

direction Laurence Riout

 

Vient inquiéter l’idylle ahurie entre choses et langues : ça s’appelle peut-être poésie.  Christian Prigent

« Il n’y a pas de mots », mais « pâte-mot » : la matière

on ne va pas loin, on ne peut pas aller loin, on a ce qu’on a dans la bouche, la parole est dans la bouche de ce qui ne te regarde pas, de ce qui parle, de ce qui n’a pas eu le temps de regarder avant de parler, de ce qui a une bouche, des bouches qui ne te regardent pas, tu ne vas pas mettre ta parole dans la bouche de qui ne te regarde pas, tu ne vas pas mettre ta langue dans toutes les bouches qui ne te regardent pas […].

Christophe Tarkos, né à Marseille en 1963 et mort trop tôt en 2004, fabrique de la poésie, écrite et orale. Il fut un merveilleux performer et improvisateur. On pourrait le placer dans la filiation de Beckett et le lier aux travaux de poètes et d'écrivains comme Charles Pennequin, Christian Prigent, Claude Pélieu, Philippe Beck, Vincent Tholomé, durant les 30 dernières années.

Son travail attaque la langue dans sa matérialité. Il déconstruit, il sape, il rumine (mâche-mot) "en soumettant la langue et les mots à une sorte d’incantation ou de psalmodie, les malaxant en une sorte de purée de sons : la pâte-mot."

Avec les douze stagiaires de l'atelier intensif du théâtre Le Hangar 2015, nous présentons  une suite de séquences scéniques, donnant à entendre des extraits de "Le Nez".

 

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